nouvelle de mounette bien arrivée à épernon 18 km d'étape
EPERNON (Eure-et-Loir. La position stratégique de la ville sur le penchant d'une colline, en lisière de la forêt de l'Yveline et dominant trois rivières : la Drouette, la Guesle et la Guéville, permit à Epernon de faire partie de la ceinture de défense du domaine royal. Dès le début du XIème siècle, Hugues Capet fit élever les châteaux forts de Maules, Neauphles-le-château, Montfort et Epernon, qui constituaient une ligne de défense du domaine royal contre les ducs de Normandie, c'est-à-dire contre les rois d'Angleterre. A cette époque la ville se décline sous les noms suivants, d'après le dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir (1861) de Lucien Merlet, archiviste d'Eure-et-Loir : Sparro, 1024 ; Sparnaïcum, 1095 ; Esparnonium, vers 1120 ; Espernonne, 1450 dans une charte du Prieuré Saint-Thomas.. En novembre 1581, Epernon fut érigé en duché-pairie (2) en faveur de Jean-Louis de Nogaret de la Valette, duc d'Epernon, favori de Henri III. En 1790, Epernon fut chef-lieu de canton dépendant du district de Chartres pour une courte période. Le château d'Epernon, était bâti sur le roc à l'extrémité du plateau de la Diane, presque à pic, à l'emplacement actuel d'un monument commémorant le souvenir de la bataille de 1870. Le château était inattaquable au midi, à l'est, à l'ouest mais au nord, la pente adoucie du plateau présentait un point faible, que défendait une double rangée de fossés en contrescarpes. Comme tous les châteaux-forts de l'époque, il comprenait une double enceinte de défense. Dans la première, dite basse-cour, se trouvaient les logements de la garnison, les magasins à provisions, le colombier seigneurial, les écuries, la fauconnerie, les chenils. Un pont-levis avec porte flanquée de deux tours conduisait à l'escalier du château. Au milieu de la deuxième enceinte ou cour intérieure s'élevait l'énorme donjon rectangulaire, de masse importante, dont Claude de Chastillon, topographe du Roi Henri IV nous a laissé le dessin. Autour du donjon et accrochées à la colline, des habitations s'étaient groupées en une ville nouvelle, distinct de Hanches. De sorte qu'au XIVème siècle, c'est la ville elle-même qu'il fallut fortifier, travaux qui durèrent jusqu'à la Révolution. La structure principale du château fut détruite par les anglais pendant la guerre de cent ans. Avant la Révolution de 1789, il y avait à Epernon quatre églises dont deux dans l'enceinte de la ville. L'église Saint-Pierre qui date du XIéme et XVIème est élégamment plantée au milieu du vieil Epernon. Elle fut classée monument historique en 1942. L'église Saint Jean-Baptiste maintenant disparue était située à proximité des Pressoirs et s'ouvrait rue Saint-Jean. L'église de la Madeleine-lès-Epernon et celle de Saint-Nicolas, au prieuré Saint-Thomas étaient hors les murs. Houdreville, hameau d'Epernon avait aussi son église dédiée à Sainte-Anne. Probablement avant la construction du château et sur l'actuelle paroisse de Hanches, se trouvait, depuis le Xéme siècle, le monastère de la Trinité de Seincourt, qu'Amaury de Montfort trouva dans la succession de son père, Guillaume de Hameau. Pour en assurer la continuité, il fit don de ce monastère à son ami Albert ancien chanoine de Chartres, abbé de Marmoutier de Tours, de l'ordre des Bénédictins.. La seule trace encore visible au prieuré est la façade de l'ancienne église de la Trinité de Seincourt. En 1865, lors de dernière démolition, le Comte de Dion fit des relevés précis et une description soignée de ce qu'étaient les bâtiments à cette époque. Au moment où la reine Bertrade de Montfort se retira au monastère de Fontevrault, en 1115, elle fonda l'Abbaye des Hautes-Bruyères à Saint-Rémy l'Honoré, en réparation de son mariage avec le Roi Philippe Ier. En effet, le jour de son mariage avec Foulques le Réchin, Comte d'Anjou, l'homme le plus laid du royaume, Bertrade prit la fuite et vint retrouver Philippe Ier, qui l'attendait non loin de là. Le Réchin, de regret, vint mettre le siège devant Epernon, qui fut vaillamment défendue par Simon II de Montfort, le jeune frère de Bertrade, en 1093. A partir de ce moment, la garde des sépultures des Comtes de Montfort revint aux dames des Hautes-Bruyères ; il leur fut attribué une maison dans Epernon avec octroi du droit de minage ou de mesurage des grains d'où l'origine des Pressoirs d'Epernon (3). Les Pressoirs se composent de trois nefs voûtées en ogives, soutenues par deux rangées de colonnes, d'anciennes maisons de la ville ont aussi des caves présentant la même architecture romane.
Pierre MORIN
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